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L'église d’Asfeld dans les Ardennes

 

 

L'église d'Asfeld, qui évoque davantage l’Italie que les Ardennes, a été édifiée entre 1680 et 1685. Son style baroque en fait une rareté en cette fin du XVIIe siècle où domine le style classique.

 

 


 Carte du pays de Retelois dessigné par Jehan Jubrien, 1621 (BNF-Gallica).

L'actuelle Asfeld ne s'est appelée ainsi que relativement récemment.  En 1621, elle porte encore le nom d'Ecry qui est le sien depuis des siècles. En 1670, elle prend le nom d’Avaux-la-Ville en hommage aux seigneurs de la cité, les comtes d’Avaux. C’est seulement en 1730 qu’elle devient Asfeld du nom de Claude-François Bidal, marquis d'Asfeld.

 

En 1680, Jean-Jacques de Mesmes, comte d’Avaux, décide de faire démolir la vieille église paroissiale qui menace ruine pour la remplacer par un nouvel édifice. Cinq ans de travaux seront nécessaires pour que l’ouvrage soit achevé. Au total, il a coûté 24 000 livres, 15 000 payées par le comte d’Avaux, 6 000 par les habitants de la ville (mais le comte d'Avaux et 3 000 par les administrateurs de l’Hôtel-Dieu de Reims qui sont co-décimateurs, avec le comte, sur la paroisse.


Le plan de l’édifice est très original avec une forme qui évoque une viole de gambe. Le pourtour de l’église mesure 145 mètres et aucun de ses murs ne se présente en ligne droite. Toutes les lignes sont concaves ou convexes. 

 


 Plan extrait de l'article de Henri Jadart sur l'église d'Asfeld paru dans le Bulletin Monumental, tome 55, année 1889.


Cette originalité qui fait de l’église d’Asfeld un édifice unique dans notre région et même dans toute la France est liée aux nombreux voyages que le comte d’Avaux a effectués en Italie et qui lui ont permis d’admirer le style baroque. C'est cette architecture qu'il entend imiter dans sa cité ardennaise. Pour dresser les plans, il fait appel à un architecte renommé, le dominicain François Romain qui ayant lui aussi voyagé en Italie connaît bien l’architecture baroque.

Cependant, si le plan est original et sophistiqué, la construction, elle, emploie des matériaux simples et d'un coût limité ce qui s'explique par les moyens financiers tout de même limités du comte.Ce sont essentiellement des briques confectionnées sur place qui ont été employées.

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L’église est composée de trois parties : d’abord un porche entouré d’une colonnade à jour supportant une toiture oblongue ; ensuite, un campanile, percé de baies cintrées et couvert d’un dôme ; enfin, une rotonde qui compose la partie principale de l’église et qui est divisée par cinq chapelles régulièrement espacées. Au rez-de-chaussée un corridor et au premier étage une galerie font le tour de l’édifice (Archives départementales des Ardennes).

Cette église très originale n’a jamais connu de graves atteintes,ni lors de la Révolution ni pendant la Première Guerre mondiale. Cependant, elle a bénéficié d’importants travaux à plusieurs reprises, en 1733, entre 1866 et 1869 et, plus récemment, lors de deux campagnes de restauration (1994-2001et 2008-2010).