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Le tourisme : des premiers développements au tourisme de masse.

 


Le tourisme peut être défini comme étant un déplacement hors de son domicile qui a pour but non pas les affaires mais le loisir. Ce n’est donc jamais un déplacement obligé. Il apparaît au XVIIIe siècle et il est largement une invention anglaise, l’Angleterre étant à l’époque le pays le plus avancé économiquement. D’ailleurs le mot touriste vient du « Grand Tour », un circuit que les jeunes aristocrates britanniques avaient l’habitude d’effectuer dans plusieurs capitales européennes, notamment Rome pour perfectionner leur culture classique ou Paris pour s’initier aux bonnes manières. Assez rapidement c’est l’ensemble des élites britanniques qui va se mettre à séjourner hors de chez elle pour son propre agrément. Dans les autres pays européens le mot touriste n’apparaît que plus tardivement. En France, c’est Stendhal qui l’utilise pour la première fois dans son ouvrage Mémoires d’un touriste. Vers 1870, dans son dictionnaire, Emile Littré précise "que le mot se dit surtout des voyageurs anglais en France, en Suisse et en Italie".



Les jeunes aristocrates qui faisaient le Grand Tour avaient pour habitude de commander des portraits les représentant durant leur voyage. Portrait de John Talbot 1773 (Getty Museum of Art).


Ce sont aussi les Britanniques qui lancent les premières stations balnéaires, d’abord dans le Sud de l’Angleterre avec des villes comme Brighton ou Bath, puis sur le continent avec, notamment, Ostende en Belgique.  

 


Située sur la côte sud de l'Angleterre, à soixante kilomètres de Londres, Brighton est au départ un petit village de pêcheurs. Puis à partir du milieu du XVIIIe siècle, elle se transforme en station balnéaire pour l'aristocratie londonienne. En 1783, le futur roi Georges IV y fait construire une extravagante résidence d'été, bâtie comme un palais indien et décorée à l'intérieur à la mode chinoise.

 

 
Ostende était célèbre pour ses cabines de bains à roues, tirées sur la plage par des chevaux jusque dans la mer.

Les baigneurs enfilaient leur maillot dans les cabines puis, le bain terminé, s'y changeaient à nouveau. Ils tiraient ensuite une cordelette qui faisait actionner un fanion. A ce signal, le loueur ramenait la cabine sur la promenade (Archives de la Ville d'Ostende).
 
 
 
Le costume de bains des femmes à la Belle Époque comporte une blouse plus ou moins longue, un pantalon bouffant et une coiffe de type «charlotte». De couleurs foncées, noir, marron ou marine, surligné de galons blancs, ce costume est en serge de laine.  


Une autre innovation britannique est l’habitude prise chez les élites de passer l’hiver dans le Midi de la France, notamment à Nice. Dès la fin du XVIIIe siècle cette ville, alors italienne, est prisée des Anglais pour son climat réputé soigner les affections pulmonaires. Les hivernants anglais se regroupent en bordure de mer et un modeste chemin de terre leur permet d’aller au centre-ville. En 1822, un pasteur anglais lance une souscription auprès de ses paroissiens pour financer l’aménagement de ce chemin et en 1824 naît la promenade des Anglais. 

 

 

La promenade des Anglais en 1870...

 


.... et dans l'entre-deux-guerre (Gallica-BNF).

 

A la Belle-Époque, 20 000 personnes fortunées passent chaque année l’hiver à Nice. Cependant, même si les Britanniques demeurent les étrangers les plus nombreux dans la ville, d’autres riches touristes les ont rejoints.

En effet, dans la seconde moitié du XIXe siècle, la mode du tourisme gagne les catégories très aisées d’autres grands pays européens comme la France, l’Allemagne ou la Russie. Le chemin de fer qui se développe rend les déplacements beaucoup plus rapides et plus confortables qu’avec les diligences à cheval.


 

 

 

 (Service du Livre et des Bibliothèques du Comité Central du Groupe Public Ferroviaire).

 


 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

(Gallica-BNF).

 

 

 

 

 

 

 

 

Au XIXe siècle et au début du XXe, le discours hygiéniste des médecins fait la fortune des stations thermales comme par exemple, pour la France, Barèges dans les Pyrénées, Vichy dans l’Allier ou Evian en Savoie. D’anciens ports de pêche se transforment en stations balnéaires de luxe.

 

 


Biarritz, vue générale, 1870 (Gallica-BNF).

 


Bains de Sa Majesté l'Impératrice, 1857 (Gallica-BNF).

Biarritz, lancée par Napoléon III et l' impératrice Eugénie, devient la station de toute la bonne société européenne et cela jusqu’à la Première Guerre mondiale. 


 


Quant à Trouville, elle attire aussi bien les élites parisiennes que des artistes comme le peintre Édouard Monet qui s’y rend chaque année. Affiche de 1887 (Gallica-BNF).

 

 


Certaines stations balnéaires sont créées de toutes pièces comme Le Touquet-Paris-Plage. Un notaire parisien, Alphonse Daloz, y achète des terrains pour planter une forêt de pins puis, à partir de 1880, il reprend l’idée de son ami et patron du Figaro, Hippolyte de Villemessant, de lotir une partie de son domaine et d’en faire une station balnéaire. Affiche des années 1920 (Gallica-BNF).

 

 

Toujours favorisée par cette vague hygiéniste on a aussi l’émergence des premières stations de sports d’hiver. Chamonix, débutante à ski, Agence de presse Rol (Gallica-BNF).

 

Une véritable économie touristique se développe. Les hôtels de luxe rivalisent de magnificence, comme l’Hôtel des Roches Noires à Trouville, ouvert en 1866, ou le Negresco à Nice, ouvert en 1913.  

 

 

Le Negresco (archives Paris-Match).


En 1845, l’anglais Thomas Cook lance la première agence de voyage en même temps que naissent les grands guides touristiques, les guides Murray en Grande-Bretagne, les guides Baedeker en Allemagne, les guides Joanne (devenus guides bleus au lendemain de la Première Guerre mondiale) en France. Mais ce tourisme dans lequel entre une large part de snobisme, s’il crée des emplois irrite aussi souvent les populations locales dont la situation est très inférieure à celle des riches oisifs. Enfin, la figure du touriste devient un objet de littérature en même temps qu’elle est souvent moquée par les caricaturistes.

 

 

Caricature d'Honoré Daumier parue dans Le Charivari (Palais de Longchamp, Marseille).

 

Cependant, si jusqu’à la Seconde Guerre mondiale le tourisme est  resté une activité qui concerne surtout une minorité aisée, à partir des années 1950 il se démocratise en touchant des catégories sociales de plus en plus larges. C'est  la naissance du tourisme de masse, avec tout de même une nuance qu’il faut rappeler : le tourisme de masse concerne essentiellement les classes moyennes, pas les plus pauvres qui en sont largement exclues.

le mécanisme de cette évolution est assez simple. Pour faire du tourisme il faut du temps et de l’argent. En ce qui concerne le temps, dans le premier tiers du 20e siècle on a, dans les pays développés, la mise en place des congés payés. En France, ils datent de 1936. Les salariés disposent désormais de 15 jours non travaillés, mais payés. Durant l’été 1936, 600 000 français partent en vacances pour la première fois.

 

Berck-Plage, fin des années 1930 (Archives départementales du Pas-de-Calais).

 

Mais comme leurs moyens financiers sont très limités ils ne s’éloignent guère de leur domicile et voyagent en train ou en vélo car la possession d’une automobile est encore réservée aux plus riches. 

 

Fait significatif, beaucoup de touristes traditionnels, issus des catégories les plus aisées, vivent mal cette ouverture du tourisme à des personnes plus modestes avec lesquelles ils doivent désormais partager plages et espaces verts. Dessin de Dubosc paru dans Le Canard enchaîné du 12 août 1936.

 

Après la Seconde Guerre mondiale, la durée des congés payés augmente. Ainsi, en France, on passe à 3 semaines en 1956, à 4 semaines en 1969 et à 5 semaines en 1981. En ce qui concerne l’argent, la croissance économique des Trente Glorieuses entraîne dans les pays développés une forte augmentation du niveau de vie et le développement d’une classe moyenne de plus en plus nombreuse. La voiture devient un objet de consommation courante. Dans les années 1950 les familles partent avec les premiers modèles de grande diffusion, la Coccinelle en Allemagne, la 4cv ou la 2cv en France. A l’époque on fait surtout des séjours au camping ou bien à la campagne chez des proches. 

 


 Départ en vacances, années 1950 (Fondation Berliet).

 

Le camping Saint-Clair à Sète, début des années 1960 (Archives départementales de l'Hérault).

Depuis les années 1950, le tourisme a explosé et, aujourd’hui, on recense dans le monde plus d’un milliard de touristes chaque année. Cela s'explique par la croissance économique et l'essor du temps libre qui après les pays développés, a gagné les pays émergents, notamment ceux d’Asie. L’essor spectaculaire des compagnies aériennes à bas coût et celui d'Internet ont aussi permis de voyager plus facilement et moins cher. Quant aux destinations, celles, anciennes, comme la France, l’Espagne, l’Italie ou les États-Unis, se sont renforcées. Mais d’autres sont apparues, beaucoup plus lointaines et exotiques comme par exemple la Thaïlande. 

Le tourisme est devenu une véritable industrie qui, aujourd’hui, pèse presque 10 % du PIB mondial. D’ambitieux programmes ont vu le jour comme en France, dans les années 1970, l'aménagement du littoral languedocien avec la construction de stations "pieds dans l’eau" dont la plus emblématique est la Grande-Motte. 

 

 


La Grande-Motte en construction, seconde moitié des années 1960 (Archives départementales de l'Hérault).


Sur la côte méditerranéenne de la France cohabitent désormais la Côte d’Azur, au tourisme ancien et plutôt élitiste, et la côte languedocienne au tourisme plus récent et plutôt classes moyennes.

Sans conteste, le tourisme peut être considéré comme une opportunité de développement économique. Il apporte des revenus, des emplois et permet une modernisation des infrastructures. Certains micro-États insulaires, comme les Seychelles ou les Maldives, ont fait le choix d'un développement fondé totalement sur le tourisme. Mais il faut aussi rappeler que le tourisme est fragile, notamment quand le contexte géopolitique devient menaçant. Enfin, ses impacts ne sont pas que positifs. On voit aujourd’hui des populations locales protester contre le surtourisme, accusé de faire augmenter les prix, en particulier ceux des logements. Il existe aussi une compétition entre locaux et touristes, notamment au sujet de l’utilisation de la ressource en eau. De même, des tensions peuvent apparaître quand les touristes et les populations locales se trouvent socialement et culturellement très éloignées. Enfin, le tourisme de masse entraîne d’importantes pollutions et il peut même menacer le site touristique lui-même, comme on le voit à Venise.




Venise, place Saint-Marc (coll.part).









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