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La construction de la Tour Eiffel.

 

 

Panorama de l'Exposition universelle de 1889 à Paris (BNF-Gallica).

La Tour Eiffel est une structure métallique conçue par l'ingénieur français Gustave Eiffel pour l'Exposition universelle de 1889 à Paris destinée à célébrer le centenaire de la Révolution française. Gustave Eiffel est un ingénieur spécialiste des architectures métalliques. Résistant, léger et facile à manipuler, l'acier commence à s'imposer dans la construction. Gustave Eiffel a déjà à son actif la réalisation de ponts, de gares, de pylônes et de viaducs dont le plus remarquable est celui de Garabit, dans le Cantal, avec son arc métallique de 169 mètres de portée.

En ce qui concerne le projet de tour, un brevet est déposé en septembre 1884 qui explique comment monter une tour métallique de 300 mètres de hauteur. Ce brevet est déposé au nom de Gustave Eiffel, de Maurice Koechlin et d’Émile Nouguier, ces deux derniers étant des employés d’Eiffel. Mais par la suite ce denier rachètera les parts de ses employés ce qui fait que la tour portera son seul nom, faisant tomber ses deux autres concepteurs dans l’oubli.

C’est en mai 1886 que le gouvernement lance officiellement le concours pour construire une tour métallique de 300 mètres de hauteur. Au total 107 projets sont déposés, la plupart, il faut le dire, plus fantaisistes que sérieux. Finalement, sans grande surprise c’est celui de Gustave Eiffel qui est retenu. En janvier 1887, soit un peu plus de deux ans avant l'ouverture de l'exposition est signée la convention qui établit les modalités de construction et d’exploitation de la tour. Au total, on prévoit que la construction de l’édifice coûtera 6 millions et demi de francs-or. Sur cette somme, Eiffel doit recevoir une subvention de 23 %, les 77 % restant demeurant à sa charge. Mais en échange de cet effort financier personnel, il obtient une compensation de taille : il pourra exploiter sa tour pendant une période de 20 ans, ce qui doit lui assurer non seulement le remboursement de ses frais mais aussi de substantiels bénéfices.

La construction de la tour va durer un peu plus de deux ans puisque le premier coup de pioche est donné le 28 janvier 1887 et que le drapeau inaugural est planté au sommet le 31 mars 1889. 

 

(BNF-Gallica).

Les premiers travaux concernent les fondations des quatre piliers qui doivent soutenir les piles métalliques. Les creusements et les coulages durent cinq mois, tous les travaux étant effectués à bras d'hommes. S’il n’y a pas eu de difficultés pour la construction des piliers deux et trois qui se trouvent du côté du Champ-de-Mars, il n’en va pas de même pour les piliers un et quatre qui sont côté Seine et qui ont nécessi des fondations réalisées à l’air comprimé avec l’appui de caissons de tôle enfoncés à 5 mètres sous l’eau. C'est en juillet 1887 que commence la construction de la partie métallique. Les pièces sont fabriquées dans les ateliers Eiffel, à Levallois-Perret. Elles y sont ensuite assemblées, maintenues ensemble par des boulons temporaires. Avec ce système, les ouvriers qui montent la tour sur le chantier ont moins de travail puisqu’ils doivent juste positionner les éléments et remplacer les boulons provisoires par des rivets définitifs.

 




 photos prises par Théophile Féau (Musée d'Orsay).

Au début l'assemblage est facile et se fait à partir du sol à l’aide d'échafaudages et de grues. Mais à partir de 30 mètres de hauteur il est nécessaire de construire des échafaudages spéciaux en bois, puis à partir de 45 mètres encore d'autres échafaudages, plus solides, car ils doivent supporter les poutres du premier étage pesant 70 tonnes chacune. A partir de là les échafaudages sont montés sur le premier étage pour poursuivre jusqu'à 115 mètres de haut, altitude du deuxième étage. Puis on continue ainsi jusqu’au sommet. Au total, la construction de la tour n'a pas posé de problème particulier. Le chantier a été fini avant la date limite et a employé 250 personnes au maximum. Il n'y a eu aucun accident mortel durant le chantier. Le seul ouvrier tué l'a été alors qu'en dehors du travail il faisait visiter les travaux à sa fiancée.

 

Ouvriers sur le chantier (Musée d'Orsay).

 

A la fin de la construction, en mars 1889, la tour atteint une hauteur de 300 mètres mais sa taille passera à 324 mètres quelques années plus tard avec l'installation des antennes radios. Il s'agit alors de la plus haute structure jamais construite et elle gardera ce record jusqu’à l’inauguration, en 1930, du Chrysler building, à New-York. Le poids initial de la tour dépasse les 10 000 tonnes.

C’est en mai 1889 que les premiers visiteurs peuvent accéder accès à la tour Eiffel. Cinq ascenseurs hydrauliques ont été mis en service. 

 

Un des ascenseur de pilier (Société d'exploitation de la Tour Eiffel).

Quatre ascenseurs à doubles cabines superposées desservent le premier et le deuxième étage en roulant sur des rails installés obliquement dans les piliers. Ils sont pilotés par des conducteurs assis sur de petits sièges à l’extérieur des cabines. Le cinquième, qui est cette fois un ascenseur vertical, dessert le troisième étage. Mais comme on ne peut pas se passer d’escaliers, ne serait-ce que par sécurité, on a construit aussi à chacun des quatre piliers, des escaliers menant jusqu’au deuxième étage.

 

Un des escaliers de pilier (Société d'exploitation de la Tour Eiffel).

 

Gustave Eiffel et, un peu plus haut dans l'escalier hélicoïdal, son gendre (Gallica-BNF).

On accède au sommet par un étroit escalier hélicoïdal protégé par une simple barrière de fer. Cet escalier est interdit au public mais il est fréquemment emprunté par Gustave Eiffel lorsqu’il se rend à son bureau, installé en haut de sa tour.  

Au départ, la Tour Eiffel connaît un très grand succès populaire, et cela malgré la campagne de dénigrement dont elle a fait l'objet avant sa construction. A la clôture de l'exposition, le 31 octobre 1889, presque deux millions de personnes l’ont visitée. Mais les années suivantes le nombre de visiteurs chute nettement, malgré un léger sursaut en 1900, année Paris accueille de nouveau une Exposition universelle. Il est alors envisagé de la démonter quand arrivera à son terme la concession de Gustave Eiffel. Mais ce dernier, souhaitant sauver sa tour du démantèlement, se tourne vers les militaires qui commencent à s’intéresser à la radio alors balbutiante. 

 

Carte postale de 1912 (Société d'exploitation de la Tour Eiffel).

 Le baraquement des militaires au pied de la Tour Eiffel (Gallica-BNF).

En 1903, il propose au capitaine Ferrié qui mène pour l’armée des expériences de transmission sans fil de financer l’installation au sommet de la tour d’un support d’antenne qui permettrait de tendre un câble entre la Tour Eiffel et le milieu du Champ-de-Mars. Le capitaine Ferrié s’installe dans un baraquement au pied du pilier sud pour poursuivre ses expériences, entouré d’une petite équipe de spécialistes. Dès l’année suivante, il peut communiquer avec son émetteur à 400 kilomètres de distance puis, en 1908, à 6000 kilomètres. En 1909, une station permanente est aménagée sous le Champ-de-Mars. L’intérêt stratégique de la Tour Eiffel est confirmé et cela vaut à Gustave Eiffel une prolongation de sa concession pour une durée de 70 ans à partir du 1er janvier 1910.