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L’évacuation de l’or de la Banque de France en 1940.

 


En septembre 1939, la France possède 2 500 tonnes d’or qui sont stockées dans les coffres de la Banque de France. Cet or est très majoritairement français (2 168 tonnes), mais il y a aussi un peu d’or qui a été confié à la Banque de France par la Pologne (30 tonnes) et la Belgique (200 tonnes). Tout cela constitue à l’époque le deuxième stock d’or mondial après celui des États-Unis.

 


"La Souterraine", construite de 1924 à 1927, à 25 mètres sous l'Hôtel de Toulouse, siège de la Banque de France à Paris, est en quelque sorte le coffre-fort de cette dernière. Ici, on a la salle des colonnes destinée à la conservation du stock d'or, photographie de 1930 (Archives de la Banque de France).

En juillet 1939, à cause de la guerre que l’on sent approcher, on commence par précaution à évacuer l’or à proximité des ports de Toulon et de Brest. En même temps 600 tonnes d’or sont expédiées aux États-Unis pour financer les grandes quantités de matériel militaire achetées par la France à ce pays qui, à cause de sa neutralité, exige que ce matériel soit payé comptant.

En mai 1940, avec la percée allemande, la panique s’installe et les opérations d’évacuation s’accélèrent. De Toulon, alors loin de la guerre, les évacuations se déroulent sans difficultés, l’or étant ensuite emmené principalement en Afrique du Nord. En ce qui concerne l’or stocké à Brest, une partie est expédiée en mai 1940 vers le port d’Halifax au Canada, d’où il rejoint par voie terrestre les États-Unis et une seconde partie est envoyée en Martinique. Enfin, le reste de l'or part in-extremis le 18 juin 1940, la veille de l’entrée des Allemands dans le port, vers Dakar au Sénégal. Au total, les Allemands ne réussiront pas à s’emparer de l’or français.

 

 

 

 


Deux navires de guerre qui ont participé à l'évacuation de l'or de la Banque de France, notamment vers la Martinique :  Le "Béarn" est le premier et unique porte-avions français jusqu'au sortir de la Seconde Guerre mondiale et le croiseur Emile Bertin qui est un des navires les plus rapides de son époque (Paris Musées Collections).

 

Au début de juillet 1940 l’or de la Banque de France est donc réparti aux États-Unis, en Martinique et en Afrique. Durant tout le conflit tout cet or va rester à l’abri. Au lendemain de la guerre, l’or de la banque de France est quasiment intact. 1235 tonnes sont aux États-Unis, 390 tonnes se trouvent à Alger, 350 tonnes sont à Dakar et 255 tonnes en Martinique. Dans les mois qui suivent la fin du conflit l’or est progressivement rapatrié à la Banque de France. Sur les 2 500 tonnes d’or il en manque à peine 400 kilos, ce qui est très peu étant donné les pérégrinations que l’or a connu. L’or polonais est rendu à ses propriétaires. Quant à l’or belge il avait été, en 1942, ramené d’Afrique occidentale, à la demande du gouvernement belge contraint par les Allemands qui veulent l’utiliser pour payer leurs achats d’armement à la Suisse. Cependant la France prendra après la guerre sur son propre stock d’or pour indemniser la Belgique.

L’or rapatrié servira à la reconstruction de la France et permettra de faire la soudure pendant plus de deux ans, jusqu’en 1948, date de la mise en place du Plan Marshall.