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L'Office pour la prospérité de Reims

 



En 1926, la reconstruction de Reims est quasiment achevée et le nombre de maisons et d’immeubles dépasse celui de 1914. Par contre, si la croissance de la population qui atteint 100 000 habitants (contre 115 000 avant guerre) est très encourageante, elle est encore insuffisante pour occuper tous les bâtiments reconstruits. On estime que 30 000 habitants supplémentaires pourraient être accueillis à Reims. 

Il faut donc faire connaître la ville pour attirer encore davantage habitants et activités. Pour ce faire on met en place l’Office pour la prospérité de Reims qui a "pour objet de développer et d’étendre le commerce et l’industrie à Reims et dans la région, d’attirer de nouveaux habitants et des visiteurs par tous moyens notamment par la création et l’organisation de foires, congrès, concours, expositions, fêtes de toutes nature". Son siège social est établi à l’Hôtel de Ville. L’Office est placé sous le haut patronage de la Municipalité, de la Chambre de Commerce et du Syndicat général du Commerce et de l’Industrie. Politiquement, il se veut au-dessus des querelles partisanes puisque s’y côtoient des représentants de la majorité municipale et de l’opposition de droite.

 

Le premier Conseil d’administration de l’Office pour la prospérité de Reims

 

Paul Marchandeau, directeur de L’Éclaireur de l’Est, maire de Reims.

Émile Charbonneaux, maître-verrier, président de la chambre de commerce.

Jules Brunneau, quincaillier, président du Syndicat général du commerce et de l’industrie de Reims et de la région.

Georges Aubert, négociant, conseiller d’arrondissement, conseiller municipal.

François Baillard, marchand de meubles, président du Syndicat de l’ameublement.

Alfred Baudry, débitant, président du Syndicat des débitants, conseiller municipal.

Marie Jules Blondeau, négociant en vins de Champagne, président du Syndicat des vins de Champagne.

Henri Bonhommet, commerçant en nouveautés, président du Syndicat du petit commerce.

Paul Bréart, restaurateur, secrétaire du Syndicat des hôteliers restaurateurs.

Alfred Brouette, entrepreneur, conseiller municipal.

Aimé Bry, rentier, président du Conseil des prud’hommes.

Antoine Chapuis, banquier.

Maurice Cuisinier, commerçant.

Eugène Degermann restaurateur.

François Dor, charcutier, conseiller municipal.

Maître Dupont-Nouvion, bâtonnier de l’Ordre des avocats.

André Guyot, industriel, président du Syndicat des produits chimiques.

Georges Hodin, représentant, adjoint au maire, conseiller d’arrondissement.

Pierre Lelarge, industriel, président du Syndicat du textile.

Adolphe Lemaître, commerçant, conseiller municipal.

Lucien Masson, industriel, président de la Société industrielle,

Maxence comte de Polignac, négociant en vins de Champagne, vice - président du Syndicat d’initiative.

Melchior marquis de Polignac, négociant en vins de Champagne, président du Syndicat d’initiative.

Léon Paindavoine, industriel.

André Pelot, industriel, président du Syndicat des négociants en matériaux de construction.

Jean Pannetier, propriétaire, conseiller général, conseiller municipal.

Lucien Patoux, négociant, président du Tribunal de commerce.

Charles Théron, négociant, administrateur des Docks Rémois.

Pierre Louis François, négociant, administrateur des Docks Rémois.

Léon Tixier, entrepreneur, conseiller municipal.

Louis Turpin, négociant.

Luc Velaine, hôtelier.


Maire de Reims depuis 1925, Paul Marchandeau qui a compris l’importance de la communication ne manque aucune occasion de faire la promotion de sa ville. Il fait adhérer Reims à l’Union des Villes de France. Il met son entregent au service de l’Office. Il utilise sa position de directeur du quotidien régional l’Éclaireur de l’Est mais aussi ses relations dans la presse nationale pour faire passer de nombreux articles sur la situation rémoise. Il effectue à plusieurs reprises des tournées de conférences, parfois radiodiffusées, et n’hésite pas à mettre à contribution ses relations politiques.

 

Défilé de Reims Magnifique, 6 juin 1926, tableau d'Adrien Sénéchal (Musées de Reims).

 

Le char du champagne (Archives municipales de Reims).

Le 6 juin 1926, l’Office pour la prospérité de Reims organise un spectaculaire défilé de chars sur le thème de Reims Magnifique. Le cortège, qui doit marquer la renaissance de la ville, s’étend sur plus d’un kilomètre et se compose d’une vingtaine de chars décorés par les architectes de la reconstruction et tirés par des bœufs ou des chevaux. Ces chars évoquent l’histoire de Reims mais aussi les principales activités de la ville reconstruite. Le défilé, qui dure plus de cinq heures, suit un trajet de 9 kilomètres en partant du pont de Vesle, puis en passant dans les différents quartiers de la ville avant d’aboutir au Cirque

 

L'exposition se tient sur les Hautes Promenades. La halle du Boulingrin qui vient d'être achevée abrite, quant à elle, une "galerie des machines" ainsi qu'une exposition sur l'histoire de l'aviation (Archives municipales de Reims).

Le Président de la République, Gaston Doumergue, visite l'exposition le 10 juin 1928 avant d'inaugurer la Bibliothèque Carnegie et l'Hôtel de Ville reconstruit (Gallica-BNF).

Du 1er juin au 1er juillet 1928, l’Office pour la prospérité de Reims organise aussi l’Exposition internationale des meilleures marques. Cette ambitieuse réalisation ne semble pas cependant avoir eu le succès escompté, les visiteurs ayant été moins nombreux que prévu. En 1929, l’expérience est renouvelée mais cette fois avec une foire plus modeste qui se tient du 6 au 9 juin sur les Basses Promenades.

Au total, pourtant, le bilan de tous ces efforts est somme toute assez modeste. En 1929, seules quelques industries sont venues s’installer à Reims créant un millier d’emplois. Surtout, la crise des années 1930 va changer totalement le contexte avec une détérioration générale des activités économiques.