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L’histoire de l’Aéropostale.



  

Affiche de 1923 (Gallica-BNF).


 Pierre-Georges Latécoère dans son bureau en 1923, photo de l'agence Roll (Gallica-BNF).

A l’origine de l’Aéropostale, on trouve les lignes postales aériennes fondées au lendemain de la Première Guerre mondiale à Toulouse par Pierre-Georges Latécoère. Ce dernier entend faire parvenir par avion le courrier en Espagne, en Afrique puis, ultérieurement, en Amérique du Sud. La réalisation de son projet se fait en plusieurs étapes. La première liaison postale régulière au départ de Toulouse vers Barcelone est ouverte dès la fin de 1918. En 1919, la ligne est prolongée jusqu’à Rabat et Casablanca. En 1926 elle rejoint Dakar. Parallèlement, Paul Vachet, un aviateur qui travaille pour Latécoère, établit plusieurs liaisons en Amérique du Sud en reliant le Brésil à l’Argentine. Bien sur, étant donné la fragilité des avions de l’époque, de très nombreuses escales sont nécessaires et les vols se révèlent souvent périlleux. Naît alors le mythe des lignes postales Latécoère et de ses pilotes dont les plus célèbres sont Jean Mermoz, Henri Guillaumet ou Antoine de Saint-Exupéry. 

 

Jean Mermoz (coll.part).

  

Henri Guillaumet (coll.part).


 Antoine de Saint-Exupéry (coll.part).

Quant aux avions utilisés sur les lignes Latécoère ce sont des appareils de marques déjà existantes, notamment des Breguet ou des Potez, mais aussi, à partir de 1926, des modèles fabriqués par Latécoère lui-même.

 

Breguet XIV. L'appareil est à l'origine un biplan d'observation et de bombardement. Après l'Armistice, il est modifié en avion de transport civil. C'est avec des avions de ce type que commencent les ligne aériennes Latécoère puis l'Aéropostale (coll.part).

 

Potez 25.  Ce biplan sorti en 1925 est l'un des avions les plus produits durant l'entre-deux guerres tant dans ses versions militaires que civiles (coll.part).



Latécoère 26. Son premier vol a lieu en 1926. Il est destiné à remplacer sur les lignes de l'Aéropostale les Breguet XIV vieillissants (coll.part).

 

En 1927, les lignes Latécoère sont rachetées par le financier français, Marcel Bouilloux-Lafont et deviennent la compagnie Générale Aéropostale. Cependant Latécoère continue, comme constructeur, à fournir des appareils à la nouvelle compagnie. 




Affiches de l'Aéropostale (Gallica-BNF).

 

Sous l’impulsion de Bouilloux-Lafont, l’Aéropostale étend ses lignes jusqu'au Chili, par-dessus la Cordillère des Andes ce qui est un exploit sans précédent. Pour gagner sur les temps de parcours, l’Aéropostale inaugure aussi les vols de nuit, ce qui est une véritable révolution à l'époque et qu'Antoine de Saint-Exupéry évoque dans  "Vol de nuit" paru en 1931.

 

Le "comte de La Vaulx" est une version de l'avion Latécoère 28 équipée de flotteurs (coll.part). 

 

En mai 1930 Mermoz, son radio et son mécanicien réussissent à voler entre Saint-Louis du Sénégal et Natal au Brésil à bord du "comte de La Vaulx". Cela lève l’obstacle de la traversée de l’Atlantique qui obligeait jusque là le courrier à être transporté par des avisos, de petits navires rapides loués à la Marine nationale.


L'aviso "Reims" fait partie des 6 avisos prêtés de 1927 à 1931 à l'Aéropostale. Mis en service en 1928, il sera démoli en 1938 (coll.part).  

 

Mais, au début des années 1930, l'Aéropostale fait faillite, en grande partie à cause de la crise économique mais également en raison du refus du gouvernement de la soutenir. Elle doit alors fusionner avec d'autres compagnies aériennes françaises pour donner naissance fin 1933 à Air France. 

 

Le 7 octobre 1933, à l’aéroport du Bourget a lieu une cérémonie marquant la naissance officielle d'Air France. L'hétérogénéité des appareils illustre bien le fait que la nouvelle entreprise résulte de la fusion de différentes compagnies aériennes (Gallica-BNF).

La nouvelle compagnie va d’ailleurs passer commande à la firme Latécoère de plusieurs grands hydravions transocéaniques dont Latécoère s’est fait une spécialité avec ses installations de l’étang de Biscarosse dans les Landes. Deux de ces hydravions sont restés dans l’histoire. 

 

  
 Carte postale (Gallica-BNF).

 

Le premier est le Latécoère 300, Croix-du-Sud, un hydravion quadrimoteur, conçu pour transporter le courrier de Dakar à Natal et qui, en décembre 1936, lors de sa 25e traversée, disparaît en mer causant la mort de Jean Mermoz et de son équipage. 

 


Dépliant d'Air France pour sa ligne desservant les Antilles, 1947 (Gallica-BNF).

Le second est le Latécoère 631, à 6 moteurs, qui, mis en service en 1945, peut transporter une cinquantaine de passagers sur 5 000 kilomètres. Mais sa carrière commerciale durera à peine dix ans à cause de la perte de plusieurs appareils et de leurs passagers mais aussi parce que l’hydravion n’apparaît plus désormais comme une solution viable face aux avions terrestres.