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Articles

Affichage des articles du février, 2025

L’Argonne

  A cheval sur les départements des Ardennes, de la Marne et de la Meuse, l’Argonne est un petit massif de 300 mètres d'altitude. Elle constitue une région dont l’identité est depuis toujours liée à la forêt et aux activités qui vont avec. Le sol de l’Argonne étant globalement peu favorable aux cultures, la région a été et est encore aujourd’hui le domaine de la forêt. L'Argonne est aussi une unité humaine dont le territoire se trouve bien identifié avec ses nombreux villages dont le nom se termine par "en Argonne".      Carte de l'Argonne (Archives départementales des Ardennes).   L'Argonne, faiblement peuplée, a longtemps constitué une zone tampon entre plusieurs entités politiques. Durant le Haut-Moyen-Age, elle est la zone qui sépare la Francie occidentale de la Lotharingie. Aux Temps modernes, elle sépare le royaume de France et  la Lorraine et cela jusqu’à l’incorporation de cette dernière à la France en 1766. Malheureusement cette po...

De la place de de la Couture à la place d’Erlon

  La première mention de la Couture figure dans une charte de 1183 de l’archevêque Guillaume aux Blanches Mains. Celui-ci, désireux de développer sa ville, décide de lotir des terrains qui portent des cultures maraîchères (d'où le nom de couture, c'est à dire culture en ancien français) au sud de la cathédrale. Il accorde nombre de facilités à ceux qui voudraient  s'y installer et, rapidement, tout un monde de charpentiers, de charrons et de tonneliers vient y habiter. Un nouveau quartier se développe qui se dote de son église, l’église Saint Jacques. Au centre de ce quartier est édifiée une vaste place conçue pour les foires. Elle est suffisamment large pour pouvoir abriter des étaux pour les commerçants et les habitants reçoivent le droit de construire devant leur maison des loges, c'est à dire des portions de galeries s’ouvrant largement sur le dehors. L'archevêque y transfère la foire de Pâques qui se tenait jusque-là dans un champ, à la périphé...

La chartreuse du Mont-Dieu dans les Ardennes

    La chartreuse du Mont-Dieu est fondée en 1132 par l’Abbé de Saint Remi, Odon . Situé près du Chesne , l e monastère s’élève dans une vaste clairière, au milieu d'une forêt qui abrite de de nombreux étangs. D è s le départ la chartreuse connaît un grand rayonnement spirituel et reçoit d'illustres personnages tels que Bernard de Cla irvaux ou Thomas Becket. Les moines, aidés de frères convers chargés des besognes matérielles et de métayers, valorisent le domaine et font de la Chartreuse du Mont-Dieu une entité économique riche et puissante .   extrait de la "Carte du pays de Retelois dessigné par Jehan Jubrien" , 1621 (BNF-Gallica).   Mais l’histoire d u monastère est loin d’être un long fleuve tranquille. Au Moyen-Age les démêlés sont nombreux entre les moines et les laïcs des communautés villageoises voisines, comme celles de Tannay ou des Armoises . Les querelles portent sur l’usage des pâturages et des bois, sur les droits de pêch...

De la salle Regnault au Grand Théâtre de Reims

  Jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, Reims ne possède pas de théâtre public. Les pièces de théâtre sont jouées seulement en privé, soit au sein des deux collèges (celui des Bons-Enfants et celui des Jésuites) soit dans les salons de quelques grandes familles rémoises.  Mais le goût des représentations théâtrales venu de Paris se répandant de plus en plus en province, un Rémois nommé Charles Regnault obtient, en décembre 1754, la permission de construire une salle de spectacles pour « y faire représenter la tragédie, la comédie et l’opéra comique ».   La salle  est installée dans le local du Jeu de Paume, à l’angle de la rue Large, actuelle rue Buirette, et de la rue Nulle part, ainsi nommée parce qu’elle semblait ne mener nulle part, actuelle rue Jean-Baptiste Caqué , plan du milieu du XVIIIe siècle (Archives municipales de Reims).               Ce théâtre semble avoir eu du succès à ses débuts mais sa fréquentation b...