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Articles

Affichage des articles du septembre, 2024

La pittoresque figure d'Achille Laviarde, deuxième roi d'Auricanie et de Patagonie.

  Achille 1er, roi d'Auricanie et de Patagonie, portant les ordres et décorations qu'il a lui-même créés (coll.part).   Achille Laviarde naît à Reims en 1841 dans une famille qui bénéficie d'une petite aisance. Son père est un fabricant de tissus et sa mère gère les lavoirs de Fléchambault, en bordure de la Vesle près du quartier Saint-Remi Le jeune Achille effectue ses études secondaires au Lycée impérial de Reims à la fin desquelles il est prévu qu'il fasse carrière dans les affaires. Mais le jeune homme possède une personnalité fantasque, voire extravagante. Il manifeste des ambitions politiques mais largement à contre-temps puisqu’il se découvre bonapartiste à un moment où le Second Empire s’écroule ! Après la mort de son père dont  l'héritage lui permet de vivre sans travailler, il passe une grande partie de son temps à Paris à faire la fête. C’est d’ailleurs dans la capitale qu’il rencontre un personnage assez extraordinaire qui se dit roi de...

L’inventaire après-décès d’un laboureur ardennais en 1706

  (Note : j'ai utilisé pour cet article une étude de l'archiviste Charles Braibant, parue en 1910). Sous l’Ancien Régime, le terme de laboureur désigne un paysan aisé qui exploite une vaste superficie de terres dont il peut être soit propriétaire soit fermier à bail. C’est le cas de Pierre Queutelot qui loue à Pargny, tout près de Château-Porcien dans les Ardennes (à ne pas confondre avec Pargny près de Rethel), un vaste domaine propriété de l’abbaye de Saint Berthauld de Chaumont-Porcien. Fondée au XIe siècle, l'abbaye a connu nombre de vicissitudes, en particulier lors de la guerre de Cent Ans ainsi que lors des guerres de Religion. Installée au départ sur la colline qui a donné son nom à la ville, elle est transférée au début du XVIIe siècle au lieu-dit la Piscine (sur l'actuelle commune de Remaucourt).    Chaumont (Chaumont-Porcien aujourd'hui) et ses environs, extrait du feuillet 78 de la carte de Cassini, seconde moitié du XVIIIe siècle (Gallica...

La contrebande dans les Ardennes sous l’Ancien Régime.

    Cette contrebande concerne essentiellement le tabac et le sel, deux produits dont l’État royal possède le monopole de la vente et sur lesquels il lève une taxe. Celle-ci n’est d'ailleurs pas perçue par une administration au sens moderne du terme mais par ce que l’on appelle la Ferme Générale qui est une association de financiers privés qui ont acheté au roi le droit de prélever la taxe en lui assurant une certaine somme prévue à l'avance et en gardant le reste pour eux. Les taxés paient donc non seulement ce qui est reversé au roi mais aussi ce que la Ferme juge bon de recevoir comme profit personnel. Dans ces conditions on comprend que la tentation est grande d’y échapper, ce qui alimente une importante contrebande.   En ce qui concerne le tabac, les contrebandiers ardennais s’approvisionnent à l’étranger, en particulier dans le pays de Liège, mais aussi dans le Hainaut français qui bénéficie d’une taxe sur le tabac moins élevée. Le trafic semble considé...

Alexandre Gonsse de Rougeville, le « vrai » Chevalier de Maison Rouge

Alexandre Gonsse de Rougeville naît le 17 septembre 1761 à Arras d’un père roturier enrichi qui, rêvant de noblesse, a rajouté à son patronyme de Gonsse celui de Rougeville, du nom d’un des nombreux domaines qu’il possède. Le jeune Alexandre, lui, s’invente de brillants mais imaginaires états de service militaires pour se faire décerner la Croix de Saint Louis. Il se présente dorénavant sous le titre de chevalier de Rougeville avant de prendre plus tard celui de marquis de Rougeville.     Tableau représentant Alexandre de Rougeville, auteur inconnu (coll.part). Malgré ses "arrangements" avec la réalité, Alexandre de Rougeville n’en est en pas moins un royaliste sincère et fervent qui prend très vite le parti de la Contre-Révolution. Si son appartenance à un groupe de conspirateurs royalistes, les « chevaliers du poignard », n’est pas certaine, il est prouvé qu’il s’est physiquement interposé pour protéger la famille royale lors de la journée du 20 juin 1792 qui voit l’émeu...

Les heures glorieuses du Football-Club de Sedan

Fondée en 1919 l’ Union Athlétique Sedan-Torcy (U.A.S.T.) est à ses débuts un modeste club de football qui stagne dans les championnat s régionaux.    Le Stade Émile Albeau (coll.part).  En 1919, les joueurs de l'UAST évoluent sur un terrain non gazonné, sans vestiaires ni tribunes. Dans les années 1930 ce terrain  est aménagé et en 1936 il prend le nom de Stade Émile Albeau (Émile Albeau est maire de Sedan de 1929 à 1935, année de  son décès). Le stade est démoli au tout début des années 2000   Mais, en 194 7 , Lucien et Maurice Laurant, deux frères propriétaires d’une entreprise textile, les Draperies Sedanaises , entre nt dans le comité dirigeant d u club . Durant près de trente ans, ils vont faire d e Sedan un des clubs phares du football français en réalisant la symbiose entre le ur propre entreprise et le club. Pour cela ils recrut e nt de bons joueurs amateurs à qui ils proposent un emploi dans leur usine. Ils recrutent aussi un remar...

L’École municipale gratuite de mathématiques et de dessin de Reims

Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle Reims possède un établissement d’éducation original, l ’École municipale gratuite de mathématiques et de dessin. Cette école est ouvert e en novembre 1748 à l’initiative du lieutenant des habitants, Louis-Jean Levesque de Pouilly, qui désire favoriser le développement économique de la ville . I nstallée au premier étage de l’Hôtel de Ville, s a gratuité a pu être assurée grâce à une souscription publique et à une " taxe prélevée sur les boues, les déchets et autres ferrailles".    L'Hôtel de Ville de Reims, gravure de Moreau (Musées de Reims). Il s'agit d' une école qui s’inscrit largement dans l’esprit des Lumières et qui se démarque des deux collèges rémois de l’époque, celui des Bons- E nfants et celui des Jésuites. Alors que ces établissements reposent sur les H umanités classiques et le latin, l’école municipale dispense, elle, un enseignement plus moderne et plus scientifique. S es pr...