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Articles

Histoire de Charleville-Mézières

              La cité la plus ancienne est Mézières. Sa fonction au départ est militaire puisque la ville est née d’un château-fort au pied duquel s’est progressivement développé un habitat. Vers 900, il ne s’agit que d' une simple fortification de bois au sommet d’une motte de terre. Après l’an mil, la fortification est refaite en pierres maçonnées. Remanié encore plusieurs fois par la suite, le château-fort est touché par un incendie en 1338 ce qui amène le comte de Rethel, dont dépend Mézières, à s’installer dans l’Hôtel des Tournelles, siège de l’actuelle préfecture des Ardennes. En 1233 la ville est entourée d’un rempart. Au XVIe siècle, les rois de France, bien conscients de l’importance de Mézières aux frontières de leur royaume, font moderniser les fortifications médiévales devenues obsolètes suite au développement de l'artillerie. Mézières se transforme alors en une vraie place-forte avec un système de bastions adaptés aux canons de l’époque. ...

Reims à l'époque contemporaine

Dans le premier tiers du XIXe siècle Reims, avec 35 000 habitants, n’apparaît guère plus peuplée qu’à la fin du XVIIIe siècle. Mais, dans les décennies qui suivent, la ville va connaître une croissance spectaculaire puisqu’elle quadruple quasiment sa population qui atteint 115 000 habitants au recensement de 1911. Ce dynamisme sans précédent s’explique par la révolution industrielle. Le développement des usines rémoises et les emplois qu’elles procurent font affluer nombre d’habitants des campagnes de la Marne, des Ardennes, de Belgique, voire de plus loin. L’économie rémoise repose alors sur trois piliers : la laine, le champagne et, à partir de la fin du XIXe siècle, le succursalisme. En ce qui concerne l’industrie lainière, cette dernière atteint son apogée dans les années 1880, avant de progressivement décliner. Le commerce du vin de champagne, lui, est très actif et exporte de plus en plus, en particulier en Russie, au Royaume-Uni, en Allemagne et aux États-Unis. Reims est enfin l...

Reims aux Temps Modernes

                                  Plan  de Reims par Claude Chastillon, 1595 (Bibliothèque municipale de R eims ) Dans la première moitié du XVIe siècle on assiste à un certain renouveau de la ville après les temps difficiles du Moyen-Age, mais cette reprise est bientôt compromise par les Guerres de religion. Vers 1525-1530 il existe quelques protestants à Reims mais dans cette ville où le clergé catholique est très puissant et qui est en outre la ville du sacre des rois, leur  nombre est bien faible, peut être 400 au maximum. De plus, l’arrivée en 1538, comme archevêque, du cardinal de Lorraine, un des champions de la Contre-Réforme catholique, va réduire à néant le développement du protestantisme à Reims et durant tout l’Ancien Régime on ne compte quasiment pas de réformés à Reims, une dizaine seulement étant dénombrés à la veille de la Révolution. Reims, protégée par ses remparts, se t...

Reims médiéval

Le temps du "Beau Moyen-Age" (XIe-XIIIe siècles) C’est l'historien Jules Michelet  (1798-1874) qui a, le premier, qualifié de " Beau Moyen Âge" les trois siècles qui suivent l’An Mil car durant cette période l'Europe occidentale connaît une longue phase de progrès économique et de croissance démographique. Cette situation se retrouve à Reims puisque, après l’An Mil, la population de la ville augmente régulièrement (autour de 10 000 habitants au XIIe siècle, environ 20 000 à la fin du XIIIe siècle).       Plan de Reims au milieu du XIIe siècle par Ernest Kalas (Société des Amis du Vieux Reims).   La ville connaît aussi une extension considérable. Les deux noyaux urbains du haut Moyen-Age, la cité autour de la cathédrale et le bourg Saint-Remi, sont désormais reliés par la rue du Barbâtre (qui a gardé son nom médiéval) et la rue Neuve (aujourd'hui rues Chanzy et Gambetta). A la fin du XIIe siècle, l’archevêque Guillaume de Champagne décide d’aménager l’esp...

Reims au haut Moyen-Age

      Saint Remi et Clovis (tapisserie de la première moitié du XVIe siècle, musée Saint-Remi, Reims) Le Moyen-Age dure environ de 500 à 1500 après Jésus-Christ, soit quasiment durant mille ans. Le haut Moyen Age, du Ve siècle à l’an mil, constitue le premier temps de cette très longue période. Au début du haut Moyen-Age la ville de Reims, comme les autres villes de Gaule, connaît une crise profonde et perd de son importance par rapport à la période gallo-romaine. Mais il n’en reste pas moins qu’elle demeure une des villes les plus prestigieuses de cette période, en grande partie à cause de sa fonction religieuse. Au point de départ, on trouve le baptême du roi des Francs, Clovis, par l’évêque de Reims, Remi. Selon la tradition, ce dernier serait né près de Laon entre 437 et 439 dans une famille appartenant à l’aristocratie gallo-romaine. Le jeune Remi fait ses études à Reims où il acquiert la formation spirituelle et intellectuelle nécessaire à la fonction ...

Les Ardennes jusqu'au début du Moyen-Age

          Dans ce blog le mot Ardennes désigne l’espace correspondant au département actuel, né en 1790. Il convient de le différencier de l’Ardenne qui est une région géologique à cheval sur trois pays, la France, la Belgique et le Luxembourg. L’Ardenne, dont la première mention remonte à la Guerre des Gaules de César, « Arduenna silva » (forêt d’Ardennes), est un massif ancien, largement forestier, et dont le nom viendrait des mots celtes ar (le, la) et den (sombre) pour désigner ces espaces sombres que sont les forêts. Il faut aussi noter que seule la partie nord de l’actuel département des Ardennes appartient géographiquement au massif ardennais. Les Ardennes jusqu'à la conquête romaine Les traces les plus anciennes d’occupation humaine dans les Ardennes, datent du Paléolithique supérieur (soit entre 45 000 et 12 000 ans avant notre ère) comme le montre la découverte près de Monthermé d’outils de pierre taillée. Mais il s’agit d’une occupation humaine très f...

Reims gallo-romain

    Les Rèmes s’étant révélés de fidèles alliés, Rome les récompense en dotant Durocotorum du statut privilégié de cité fédérée et en faisant de la ville la capitale de la province romaine de Belgique. Durocortorum connaît son apogée à la fin du IIe siècle après Jésus-Christ.    Plan de Reims au milieu du IIIe siècle par Ernest Kalas (Société des Amis du Vieux Reims). La ville a une superficie de 5 à 600 ha, ce qui est exceptionnel à l’époque et elle est entourée d’une enceinte de 7 kilomètres de long. Elle se situe au carrefour de deux voies romaines très importantes : l’une, ouest-est, va de Sens à Trèves, l’autre, sud nord, joint Lyon à Boulogne-sur-mer. Dans la ville elle-même, ces deux axes donnent le cardo nord/sud (avenue de Laon/rue du Barbâtre) et le decumanus ouest-est (rue de Vesle/rue Cérès). Durocortorum compte peut-être 20 000 habitants, soit à l'époque presque autant que Lugdunum (Lyon). La ville possède de nombreux monuments : un amphith...