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Articles

Le département des Ardennes au début du XIXe siècle

    Le département des Ardennes naît, comme les autres départements français, par décision de la Constituante le 26 février 1790. D’une superficie d’un peu plus de 5 000 km² il ne présente pas vraiment d’unité géographique : le sud, avec Rethel et Vouziers, appartient à la Champagne. Le nord regroupe la vallée de la Meuse et le début du massif ancien de l’Ardenne. A l’est, avec le vaste plateau forestier de l’Argonne on approche de la Lorraine. A l’ouest, ce sont les confins de la Thiérache, verte et herbagère. Il n’existe pas non plus de véritable unité historique : la région a longtemps été partagée entre l'influence française et l'influence espagnole, la première l’emportant définitivement à partir du règne de Louis XIV. Le département réunit des territoires appartenant pour l’essentiel à l’ancienne province de Champagne mais aussi au gouvernement de Lorraine pour la région de Carignan et à l’ancien évêché de Liège pour Philippeville et Bouillon, ces...

Les sœurs clarisses de Reims

Les clarisses sont les religieuses de l’ordre des Pauvres Dames, fondé au début du XIIIe siècle à Assise en Italie par Sainte Claire, une disciple de Saint François. C'est à Reims, vers 1220, que l’ordre établit sa première communauté hors d'Italie en y envoyant plusieurs sœurs italiennes, conduites par Marie de Braye. Cette dernière, issue d’une famille noble de Gênes (de Braye étant la version francisée d’un nom italien qui nous est resté inconnu), en devient la première abbesse. A Reims, les religieuses sont accueillies par l'archevêque de Reims, Guillaume de Joinville qui les installe sur un terrain appartenant à l’abbaye de Saint-Denis et situé à l’intersection des actuelles rue du Jard et Gambetta (là où est aujourd'hui le Conservatoire régional de musique).     Le couvent et l'église des clarisses au milieu du XVIIIe siècle (Bibliothèque Carnegie).   Le nouveau monastère fait rapidement partie du paysage religieux de Reims. Si les clarisses rémoises s...

Un Conventionnel rémois, Jean-Baptiste Armonville

    Jean-Baptiste Armonville naît à Reims, le 18 novembre 1756, dans une famille pauvre. Son père, après avoir été soldat sous le surnom de Saint-Amour, est devenu ouvrier sergier. Orphelin de mère à quatorze ans, Jean-Baptiste Armonville perd aussi, peu de temps après, son père. Il est alors recueilli par deux oncles et devient cardeur en laines. Malgré la dureté de sa condition il parvient à apprendre à lire et à écrire même si c'est de manière assez limitée. Il a aussi la charge de ses cinq enfants qu’il doit même abandonner provisoirement à l’Hôtel-Dieu de Reims, après le décès de sa femme. En 1789, Jean-Baptiste Armonville adopte immédiatement les idées révolutionnaires et anime les réunions populaires qui ont lieu à l’ancien couvent des Minimes, en plein quartier Saint-Remi qui est celui de l’industrie lainière rémoise. Son influence sur les ouvriers de la laine apparaît en pleine lumière dans l’été 1792 quand la guerre menace la frontière de l’Est. Le 4 juillet 1...

L’abbaye bénédictine de Mouzon dans les Ardennes

           Dessin de Tassin, vers 1638 (Archives départementales des Ardennes)  Plan de la ville et chasteau de Mouzon, 1631 (Gallica-BNF)   La ville de Mouzon, du latin Mosomagus qui signifie "le marché sur la Meuse", remonte à la période gallo-romaine. Elle s’est installée au croisement de la Meuse et de la voie romaine qui va de Reims à Trèves. Au Moyen-Age, elle se trouve sous l’autorité des archevêques de Reims. Un premier monastère de moniales bénédictines semble avoir été établi à Muizon au VIIe siècle mais il est ravagé au IXe siècle, d’abord par les Normands puis par les Hongrois. Un peu plus tard, Hervé, archevêque de Reims de 900 à 922, installe une communauté de chanoines qui, assez vite, ne respectent plus les règles. C’est finalement Adalbéron, archevêque de Reims de 969 à 989, qui rétablit à Mouzon une communauté bénédictine, d’hommes cette fois, pour assurer le culte des reliques des deux saints locaux qui y sont cons...

Simon Linguet

    Portrait de Simon Linguet attribué à Marie-Thérèse Laperche, 1787 (Musées de Reims) . Relativement méconnu aujourd’hui, ce Rémois qui a eu une existence tumultueuse et à la fin tragique a pourtant bénéficié d’une grande renommée dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Simon Linguet naît à Reims le 14 juillet 1736 d’un père greffier et fait de brillantes études d'abord au collège de Beauvais puis à Paris. Devenu secrétaire du duc de Deux-Ponts il accompagne ce dernier dans plusieurs pays d’Europe. De retour de ces voyages, il s’installe en 1764 comme avocat et défend des causes fameuses.        Simon Linguet par Augustin de Saint-Aubin, 1773 (Musées de Reims). Cette estampe a été réalisée lors du procès retentissant intenté à Jean-François-Charles de Molette, comte de Morangiès , pour des reconnaissances de dettes non honorées. Défendu par Simon Linguet, le comte est finalement acquitté. Pour l'anecdote, des années plus tard, le même personnage ser...

Une ferme modèle ardennaise à la fin du XIXe siècle

  (J’ai largement utilisé pour cet article le petit ouvrage d’Eugène Fagot, La Ferme de la Haute-Maison : monographie, paru en 1882 et conservé à la Bibliothèque Carnegie de Reim s) .   Eugène Fagot naît le 10 novembre 1859 à Saulces-Monclin. Il a hérité de son père, Jean-Baptiste Fagot, deux passions celle de l'agriculture et celle de la chose publique. En effet, ce père, propriétaire de la ferme de la Haute-Maison, sur la commune de Mazerny près de Poix-Terron, accumule prix et récompenses dans les comices et concours agricoles. Il est aussi maire de Mazerny et député des Ardennes de 1885 à 1889.      La commune de Mazerny appartient à l'époque au canton d'Omont  (à celui de Nouvion-sur-Meuse depuis la réforme de 2014). La Haute-Maison figure à la pointe sud-ouest de cette carte extraite de l'Atlas des Ardennes de 1839 (Archives départementales des Ardennes).   La commune de Mazerny qui a 400 habitants en 1850 en...

La réconciliation franco-allemande à Reims

    Le 8 juillet 1962 le général de Gaulle et le chancelier de la République fédérale d'Allemagne Konrad Adenauer viennent à Reims sceller la réconciliation franco-allemande. En septembre 1958, revenu au pouvoir comme dernier Président du Conseil de la IVe République et pas encore comme Président de la Ve République, ce qu’il ne sera qu’à la fin de l’année, le général de Gaulle avait invité le chancelier allemand à sa propriété de la Boisserie à Colombey-les-Deux-Eglises. Cependant même si l’évènement avait été largement médiatisé, il était d’ordre privé. Il en va tout autrement en 1962. Konrad Adenauer effectue alors un voyage officiel de sept jours qui a commencé à Paris puis s’est poursuivi à Rouen et Bordeaux et dont la visite finale à Reims constitue le moment le plus fort. Le choix de Reims par le général de Gaulle, très attaché à la symbolique des lieux, est assez évident : il s’agit de la ville-martyre de 14-18 mais aussi celle où a été reçue la capitulatio...