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Articles

L'église d’Asfeld dans les Ardennes

    L'église d'Asfeld, qui évoque davantage l’Italie que les Ardennes, a été édifiée entre 1680 et 1685. Son style baroque en fait une rareté en cette fin du XVIIe siècle où domine le style classique.       Carte du pays de Retelois dessigné par Jehan Jubrien , 1621 (BNF-Gallica). L'actuelle Asfeld ne s'est appelée ainsi que relativement récemment.  En 1621, elle porte encore le nom d'Ecry qui est le sien depuis des siècles. En 1670, elle prend le nom d’Avaux-la-Ville en hommage aux seigneurs de la cité, les comtes d’Avaux. C’est seulement en 1730 qu’elle devient Asfeld du nom de Claude-François Bidal, marquis d'Asfeld.   En 1680, Jean-Jacques de Mesmes, comte d’Avaux, décide de faire démolir la vieille église paroissiale qui menace ruine pour la remplacer par un nouvel édifice. Cinq ans de travaux seront nécessaires pour que l’ouvrage soit achevé. Au total, il a coûté 24 000 livres, 15 000 payées par le comte d’Avaux, 6 000 par les habi...

"l’usine des Anglais" de Reims

    Parmi les entreprises qui assurent au XIXe siècle la prospérité de l’industrie lainière rémoise, l’une d’elles est liée à une famille britannique, les Holden. A son origine se trouve Isaac Holden, un Ecossais qui a mis au point en 1847 une nouvelle machine à peigner la laine et installé une usine à Bradford dans le Yorkshire.    Isaac Holden (coll.part).    Les laines peignées, destinées aux tissus fins, nécessitent plusieurs  opérations. Il faut  d'abord fractionner la laine brute en fibres pour en faire un ruban qu'il faut ensuite peigner, c'est à dire débarrasser de toute impureté et irrégularité. Longtemps, le peignage à dû être réalisé à la main jusqu'à ce qu'en 1843 le mulhousien Josué Heilmann mette au point la première peigneuse mécanique de type circulaire. La peigneuse Holden est de même type et, bien que plus grosse et plus coûteuse, présente l'avantage d'être plus productive.   En 1849, Isaac Holden ouvre e...

L'écrivain ardennais Jules Leroux, un enfant de la méritocratie républicaine

               Jules Leroux, jeune instituteur, dans sa salle de classe (coll. part). Jules Leroux naît le 11 décembre 1880 à Villers-Semeuse dans un milieu modeste puisque son père est charpentier à la Compagnie des chemins de fer de l’Est à Mohon.    (Archives départementales des Ardennes)   Ce père étant décédé d’un accident du travail en 1889, sa mère doit l’élever seule en travaillant à la journée dans des fermes ou des maisons bourgeoises. Jules Leroux effectue ses études primaires à l'école c ommunale de Villers-Semeuse où son instituteur, Monsieur Richer, qui a repéré s es capacités, va l’aider, après son Certificat d’études primaires, à poursuivre ses études alors qu’étant donné la situation financière précaire de sa famille il aurait dû devenir apprenti à la Compagnie des chemins de fer de l’Est.    Il entre alors au cours complémentaire de Mohon. Les cours complémentaires, créés en 1887, sont ...

1523 : création du bailliage de Reims

      La rue de la prison du Bailliage, située tout près de l'Hôtel de Ville, rappelle encore aujourd'hui l'ancien bailliage de Reims.   Un bailliage est une circonscription administrative née au XIIIe siècle avec à sa tête un bailli qui représente le pouvoir royal. Au départ, le bailli possède des pouvoirs très étendus, à la fois militaires, fiscaux et judiciaires mais, progressivement, il ne va conserver que son rôle de représentant de la justice royale.  Le bailli juge à la fois au criminel et au civil. Il est aussi juge d’appel, c’est à dire qu’il a le droit de réviser les sentences déjà prononcées. Il a aussi la main sur toutes les affaires où l'intérêt du roi est en question. Mais son pouvoir judiciaire connaît tout de même des limites car il doit tenir compte de la présence des nombreuses justices seigneuriales qu’il doit théoriquement respecter. Ainsi, à Reims, l’autorité, ce que l’on appelle à l’époque le droit de ban, appartient à des seign...

Le département des Ardennes au début du XIXe siècle

    Le département des Ardennes naît, comme les autres départements français, par décision de la Constituante le 26 février 1790. D’une superficie d’un peu plus de 5 000 km² il ne présente pas vraiment d’unité géographique : le sud, avec Rethel et Vouziers, appartient à la Champagne. Le nord regroupe la vallée de la Meuse et le début du massif ancien de l’Ardenne. A l’est, avec le vaste plateau forestier de l’Argonne on approche de la Lorraine. A l’ouest, ce sont les confins de la Thiérache, verte et herbagère. Il n’existe pas non plus de véritable unité historique : la région a longtemps été partagée entre l'influence française et l'influence espagnole, la première l’emportant définitivement à partir du règne de Louis XIV. Le département réunit des territoires appartenant pour l’essentiel à l’ancienne province de Champagne mais aussi au gouvernement de Lorraine pour la région de Carignan et à l’ancien évêché de Liège pour Philippeville et Bouillon, ces...

Les sœurs clarisses de Reims

Les clarisses sont les religieuses de l’ordre des Pauvres Dames, fondé au début du XIIIe siècle à Assise en Italie par Sainte Claire, une disciple de Saint François. C'est à Reims, vers 1220, que l’ordre établit sa première communauté hors d'Italie en y envoyant plusieurs sœurs italiennes, conduites par Marie de Braye. Cette dernière, issue d’une famille noble de Gênes (de Braye étant la version francisée d’un nom italien qui nous est resté inconnu), en devient la première abbesse. A Reims, les religieuses sont accueillies par l'archevêque de Reims, Guillaume de Joinville qui les installe sur un terrain appartenant à l’abbaye de Saint-Denis et situé à l’intersection des actuelles rue du Jard et Gambetta (là où est aujourd'hui le Conservatoire régional de musique).     Le couvent et l'église des clarisses au milieu du XVIIIe siècle (Bibliothèque Carnegie).   Le nouveau monastère fait rapidement partie du paysage religieux de Reims. Si les clarisses rémoises s...

Un Conventionnel rémois, Jean-Baptiste Armonville

    Jean-Baptiste Armonville naît à Reims, le 18 novembre 1756, dans une famille pauvre. Son père, après avoir été soldat sous le surnom de Saint-Amour, est devenu ouvrier sergier. Orphelin de mère à quatorze ans, Jean-Baptiste Armonville perd aussi, peu de temps après, son père. Il est alors recueilli par deux oncles et devient cardeur en laines. Malgré la dureté de sa condition il parvient à apprendre à lire et à écrire même si c'est de manière assez limitée. Il a aussi la charge de ses cinq enfants qu’il doit même abandonner provisoirement à l’Hôtel-Dieu de Reims, après le décès de sa femme. En 1789, Jean-Baptiste Armonville adopte immédiatement les idées révolutionnaires et anime les réunions populaires qui ont lieu à l’ancien couvent des Minimes, en plein quartier Saint-Remi qui est celui de l’industrie lainière rémoise. Son influence sur les ouvriers de la laine apparaît en pleine lumière dans l’été 1792 quand la guerre menace la frontière de l’Est. Le 4 juillet 1...