Hincmar naît vers 806 dans une famille noble de l’est de la France. Éduqué au monastère de Saint-Denis, près de Paris, il sert à la cour du roi Louis le Pieux, puis à celle de son fils, Charles le Chauve. Grâce au soutien de ce dernier, il est nommé archevêque de Reims en 845. Hincmar est une personnalité de grande envergure qui a eu un rôle non seulement au niveau du diocèse de Reims mais aussi dans la vie politique et religieuse de son temps.
Quand Hincmar devient archevêque de Reims le diocèse est largement désorganisé, suite à une série de crises. Il entreprend une profonde réorganisation du clergé qu’il cherche à améliorer. Il fait aussi établir un état précis et actualisé des biens du diocèse au moyen d’inventaires détaillés, les polyptyques. Il consacre enfin une grande activité au domaine du droit canon et intervient dans des débats théologiques, en particulier concernant le cas du moine Godescalc d’Orbais, condamné pour ses idées sur la double prédestination et que Hincmar fait enfermer au monastère d’Hautvillers.
Mais Hincmar est aussi un proche du pouvoir politique carolingien. Présent à la cour de Charles le Chauve, il soutient de manière décisive ce dernier, en 858, lors de son conflit avec son frère Louis le Germanique. Cet épisode lui vaut de devenir un des principaux conseillers du roi. Cela dit, son rôle auprès de Charles le Chauve est plus limité qu’on ne le dit souvent. En effet, si Hincmar joue un rôle décisif pour faire admettre l’idée d’une royauté sacrée par Dieu, il ne conçoit cependant cette légitimité royale que sous la condition d’une bonne conduite du souverain. Or Charles le Chauve, soucieux de ses propres intérêts, n’est pas toujours porté à obéir aux injonctions d’un Hincmar qu’il souhaiterait plus malléable et complaisant. L’archevêque de Reims continue à jouer un rôle de conseiller auprès de Louis le Bègue, qui succède à Charles le Chauve, et qu’il sacre à Compiègne en 877.
La première cathédrale, gravure du XIXe siècle (Musées de Reims).
La deuxième cathédrale, commencée sous Ebon et terminée sous Hincmar, gravure du XIXe siècle (Musées de Reims).
A Reims, Hincmar fait achever et embellir la cathédrale Notre Dame commencée sous son prédécesseur. L'édifice est consacré en 862 en présence de Charles le Chauve.
L'église Saint-Remi reconstruite sous Hincmar, gravure du XIXe siècle (Bibliothèques de Reims).
Il fait aussi reconstruire en plus grand et en plus beau la petite église construite à la fin du IIIe siècle par Saint Sixte et dans laquelle Saint Remi avait demandé à être enterré. Hincmar développe aussi le culte du saint dont il écrit la vie. Dans cette Vie de Saint Remi, Il est le premier à affirmer le lien entre le baptême de Clovis à Reims et le sacre royal, notamment à travers le miracle, non évoqué par Grégoire de Tours, de la Sainte Ampoule apportée par une colombe à Saint Remi. il fournit ainsi à ses successeurs l’argumentaire pour faire de Reims la ville des sacres. A l’automne 882, alors qu’une incursion des Normands menace Reims, Hincmar, âgé de 76 ans, doit quitter la ville pour Epernay où il meurt d’épuisement deux jours avant Noël.
Gravure représentant le tombeau d'Hincmar (Bibliothèques de Reims). Fragment du tombeau retrouvé après la Première Guerre mondiale. Trois médaillons de personnages dont la tête a disparu. Celui de gauche avec les clefs est sans doute Saint Pierre. Entre les médaillons sont représentés des griffons et des anges (Musées de Reims). Son corps est transporté à l'église Saint-Remi où lui-même avait fait construire son tombeau (détruit sous la Révolution).
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