En septembre 1901, le tsar Nicolas II effectue, dans le cadre de l’alliance franco-russe, une visite officielle pour assister à la fin des grandes manœuvres militaires de l'Est. Le mercredi 18 septembre 1901, il débarque à Cherbourg puis se se rend au château de Compiègne où il est prévu qu’il réside. Le jeudi 19 septembre, le souverain russe vient assister aux environs de Reims à un exercice de grande ampleur en compagnie du président de la République française, Émile Loubet. Pour l’événement on a édifié une gare provisoire à Fresnes-les-Reims, ainsi qu’une voie ferrée spéciale de 5 kilomètres destinée à rejoindre les tribunes.
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Le clou de ces manoeuvres est un exercice d'assaut contre le fort de Fresnes (dessin paru dans L'Illustration).

Le fort de Witry-les-Reims au début du XXe siècle (Archives départementales de la Marne).
A 13 heures, les deux chefs d’État et leurs épousent déjeunent au fort de Witry-les-Reims où ont été aménagées, dans des casemates, deux salles à manger, un salon tendu de soie bleue et un cabinet de travail décoré de tapisseries d’Aubusson.

Entrée de la rue de l'Arquebuse le jour de la visite du tsar (Archives départementales de la Marne).
Après le repas, les personnalités se rendent à Reims qui est pavoisée pour l'occasion. Vers 16 heures, elles sont reçues à l’Hôtel de Ville par le maire Charles Arnould. Ce dernier, radical-socialiste et farouche opposant au régime tsariste, réussit dans son adresse à Nicolas II à ne jamais employer les mots de "sire" ou de "Votre Majesté". Le conservateur de la Bibliothèque municipale, Henri Jadart, présente aux souverains russes le fameux évangéliaire slavon ainsi que le contrat de mariage d’Anne de Kiev et du roi Henri 1er, signé à Reims en mai 1051. Puis on se dirige vers la cathédrale où l’archevêque, Monseigneur Langénieux, reçoit les altesses impériales et le Président de la République. Enfin, à 18 heures, tout le monde reprend le train présidentiel pour rentrer à Compiègne où l’empereur et l’impératrice vont passer la journée du lendemain.
Le samedi 21 septembre, ils reviennent pour la grande revue de Bétheny. Dès le petit matin, des dizaines de milliers de curieux se répandent dans les champs environnants, avec, pour beaucoup, leur pique-nique dans des paniers d'osier.

Le Président de la République Emile Loubet accueille le tsar Nicolas II et l'Impératrice Alexandra Feodorovna lors de la revue militaire passée au camp de Bétheny, 21 septembre 1901, tableau d'Albert-Pierre Dawant (Musée du Château de Versailles).

Dessin paru dans Le Petit Journal.

Dessin paru dans L'Illustration.
C’est ensuite la grande revue avec 140 000 hommes qui défilent devant le tsar et le président Loubet à la tribune officielle. Puis, à 14 heures, se déroule le banquet officiel mais cette fois-ci sous la tente. En fin d’après-midi le président de la République prend congé de ses invités qui partent en train pour Darmstadt en Allemagne, patrie de la tsarine, avant de regagner la Russie. Pour revenir à ce qui se passe à Reims, le retour de la foule se fait dans un désordre bon enfant comme le note le journal l’Indépendant de l’Est :
« Aux mâles sonneries des régiments se joignent les lazzis des piétons contre les heureux mortels qui reviennent en voiture et les mots doux que s’échangent entre eux les cochers. Partout on s’interpelle, on chante et on acclame la France et la Russie. A 7 heures du soir tout le monde est de retour en ville où la fête se prolonge encore plusieurs heures».
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