Selon la tradition, le futur Saint Remi serait né près de Laon entre 437 et 439. Sa famille appartient à l’aristocratie gallo-romaine. Le jeune Remi fait ses études à Reims où il acquiert la formation spirituelle et intellectuelle nécessaire à la fonction épiscopale, à laquelle il est élu vers 460. Il a alors une vingtaine d’années, ce qui même pour l’époque est très jeune pour devenir évêque.
L'ordination de Saint Remi, anonyme français du XVIIe siècle (Musées de Reims).
Sur le plan politique, la réalité du pouvoir est détenue dans notre région par le roi franc Childéric. En 481, Childéric meurt et son fils Clovis lui succède comme nouveau roi des Francs. Remi poursuit avec Clovis les liens déjà établis avec son père. Ces relations étroites vont déboucher sur la conversion au christianisme de Clovis et le baptême de Reims. Il faut savoir que nous ne possédons pas de sources qui soient contemporaines de ces deux évènements qui sur le coup, ne semblent pas avoir marqué les esprits. Le premier récit n'en a été fait que près d'un siècle après par Grégoire de Tours dans son Histoire des Francs. En outre Grégoire de Tours revisite les faits en faisant de Clovis un nouveau Constantin. Comme ce dernier au moment de la bataille du Pont Milvius à Rome en 312, Clovis à Tolbiac fait la promesse à Dieu de se convertir s’il lui accorde la victoire.
Le baptême de Clovis. La tradition le fixe à la Noël de 496 mais il a probablement eu lieu en 507 ou 508, tableau de Jean Hélart, 1676 (Musées de Reims).
La conversion et le baptême de Clovis ont de toute évidence des raisons politiques, notamment la volonté de se rapprocher des élites gallo-romaines, mais elle est aussi la décision personnelle d’un homme qui a déjà des sympathies pour le christianisme sous l’influence de sa femme Clotilde et de l’évêque Remi. Si la tradition rapporte que 3 000 guerriers francs auraient été baptisés en même temps que lui, Clovis n’a pas imposé brutalement la conversion au peuple franc. Celle-ci a été progressive et s’est étalée sur plusieurs générations.
L’épiscopat de Remi ne se réduit pas à l’épisode du baptême de Clovis. L’évêque a développé l’évangélisation de son diocèse, en particulier dans les zones rurales. A Reims, Remi met en place des institutions charitables, en particulier un lieu d’accueil pour les malades. C’est l’ancêtre de l’« Hôtel-Dieu » du Moyen-Age. En tant qu’évêque métropolitain ayant autorité sur la province de Belgique seconde Remi se préoccupe d’en restaurer le fonctionnement. En effet, les troubles qui ont marqué l’effondrement de l’Empire romain d’Occident en 476 et la lutte pour le pouvoir ont eu des conséquences graves pour l’Eglise. Alors que la plupart des villes de Belgique seconde avaient un évêque au IVe ce n’est plus le cas lors de l’arrivée de Remi sur le siège de Reims. Remi s’efforce donc de remettre en place des évêques titulaires, en particulier à Amiens, Beauvais, Soissons, Laon, Saint-Quentin et Arras.
Remi meurt le 13 janvier 532 (ou 533) à l’âge de 96 ou 97 ans, après un épiscopat de plus de 70 ans. Il devient le saint patron du diocèse de Reims à partir de l’élévation de ses reliques, rite qui a valeur de canonisation et qui a lieu vers 560. Saint-Remi repose aujourd’hui dans la basilique qui porte son nom et que les moines bénédictins ont édifiée aux XIe et XIIe siècles.





Commentaires
Enregistrer un commentaire