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Deux musiciens rémo-ardennais, Nicolas de Grigny et Etienne-Nicolas Méhul.

 


Nicolas de Grigny naît le 8 septembre 1672 à Reims dans une famille de musiciens qui tiennent les orgues de plusieurs églises rémoises. De toute la famille, Nicolas est de loin le plus brillant. Il parfait sa formation à Paris où il est l’élève de Nicolas Lebègue, un des organistes du roi. Il tient aussi, de 1693 à 1695, les orgues de l’église abbatiale de Saint-Denis. Nicolas de Grigny regagne Reims en 1697 comme titulaire de l’orgue de la cathédrale. Deux ans plus tard il fait paraître une œuvre majeure, son livre d’orgue, qui contient une messe et plusieurs hymnes. Malheureusement, celui qui est à l’aube d’une carrière considérable meurt prématurément à Reims le 30 novembre 1703 à seulement 31 ans, laissant derrière lui une veuve et sept enfants. Après lui, l’orgue français va délciner alors que se développe l’école allemande dont le plus célèbre représentant, Jean-Sébastien Bach, admirait Nicolas de Grigny. Il avait ainsi intégralement recopié son livre d’orgue et le citait en exemple à ses élèves.

 

 (Gallica-BNF).
 

Etienne-Nicolas Méhul, gravure de Leclerc (Gallica-BNF).


Etienne-Nicolas Méhul, lui, naît à Givet, dans les Ardennes, le 22 juin 1763. Il est d’extraction modeste puisque son père est marchand de vin. Remarquablement doué pour la musique, le jeune Méhul reçoit ses premières leçons d' un vieil organiste aveugle qui tient l'instrument de l'église des Récollets à Givet. A l'âge de dix ans il en devient l'organiste en titre et son talent fait que beaucoup de Givetois désertent l’église principale pour venir l’entendre. Sa grande chance est, en 1773, l’arrivée à l’Abbaye de Laval-Dieu, près de de Monthermé, d’un célèbre organiste allemand, Guillaume Hanser. Pendant 4 ans, il est son élève, et bientôt son suppléant, à l’orgue de l'abbaye de Laval-Dieu. En 1778, Méhul se rend à Paris, pour compléter sa formation. Il est même présenté à Gluck, qui l’encourage dans sa vocation.

Sous la Révolution et l’Empire Méhul écrit plusieurs morceaux pour les fêtes patriotiques.

 

 Gravure de Vallantin fils (Gallica-BNF).

 

Celui qui est resté à la postérité est Le chant du départ, avec des paroles du poète Marie-Joseph Chénier.

 

Gravure de Gustave Doré (Gallica-BNF).

 

Ce chant, destiné à rappeler la prise de la Bastille, est entendu pour la première fois le 4 juillet 1794 à Paris, au cours d'un concert au Jardin des Plantes. Il obtient un grand succès et sera souvent chanté sur les champs de bataille de la Révolution et de l'Empire. C’est un peu une seconde Marseillaise. On peut citer aussi son Chant de triomphe du 25 Messidor, exécuté aux Invalides le 14 juillet 1800, pour célébrer la victoire de Marengo, avec 3 orchestres, 3 chœurs d’hommes et 1 chœur de femmes, une audace musicale dont s’inspirera plus tard Hector Berlioz.

Mais Méhul est aussi le compositeur de plusieurs opéras et symphonies dont le plus célèbre reste l’opéra Joseph inspiré d’un épisode biblique. 

 

(Gallica-BNF).


De santé fragile, Méhul décède en octobre 1817.

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