(Archives départementales des Ardennes).
A la veille de la Révolution française, Rethel, qui compte alors deux à trois mille habitants, abrite trois institutions charitables. Il y a d'abord l’Hôtel-Dieu qui a été fondé au début du XIIIe siècle par le comte de Rethel Hugues III. Le bâtiment ayant été détruit au moment des Guerres de religion (sur son emplacement est construit à partir de 1575 le couvent des Minimes), l'hôpital est installé, à la fin du XVIe siècle, dans quelques vieilles maisons près de la Porte à l'Image. Les moyens financiers ayant longtemps manqué à la ville, il faut attendre la fin du XVIIe siècle et le début du XVIIIe pour que ces maisons vétustes et inadaptées laissent place à de nouvelles constructions.
En 1855, les bâtiments de l'Hôtel-Dieu abritent l'école primaire publique de garçons tenue par les Frères des écoles chrétiennes puis laïcisée avec les lois Jules Ferry (Archives départementales des Ardennes).
L'Hôtel-Dieu reçoit "les pauvres attaqués des maladies ordinaires et ceux qui ont des plaies ou fractures sujettes aux pansements ou opérations chirurgicales". Il compte au total 32 lits répartis en deux salles, l’une pour les hommes et l’autre pour les femmes. Comme Rethel se situe près de la frontière et doit fréquemment loger des troupes, l’hôpital accueille aussi des soldats blessés ou malades, ce qui dans ces cas prive de lits les Rethélois. Certes, il existe cependant une compensation financière puisque l’hôpital reçoit, le temps des soins, la solde des soldats malades ainsi qu’un supplément ajouté par le pouvoir royal. Du coup, l’hôpital utilise cet argent pour assister les malades à domicile mais ce n’est qu’un pis-aller car "il est impossible de leur rendre les soins assidus que leur situation exige".
Les revenus annuels de l’Hôtel-Dieu s’élèvent à 8 300 livres. Mais, une fois déduites les charges d’entretien des bâtiments, il ne reste que 6 000 livres pour faire fonctionner l’hôpital. Avec cette somme il faut subvenir aux besoins des 32 malades et de ceux qui s’en occupent, à savoir 6 sœurs de la charité de Saint-Lazare, un domestique et une servante. Il faut aussi payer les deux médecins et les deux chirurgiens chargés de visiter et d’opérer les malades et les blessés. Enfin, l’Hôtel-Dieu doit payer chaque année une somme de 400 livres pour faire apprendre un métier à des enfants pauvres.
Il existe aussi à Rethel un Hôpital général, souvent appelé la Renfermerie. En 1703, trois filles d’un notable rethelois, Ponce Lepoivre, font, par testament, donation de tous leurs biens en faveur de cet établissement. Terminé seulement en 1737 il est destiné à recevoir une cinquantaine d’orphelines pauvres à partir de l’âge de 7 ans et jusqu’à ce qu’elles soient en état de se suffire à elles-mêmes et de gagner leur vie. Un peu plus tard une autre personne charitable y fait établir 12 lits pour accueillir des vieillards infirmes, tant hommes que femmes. Le revenu de cet hôpital est de 3 000 livres par an mais il est complété par une aide de l’Hôtel-Dieu, justifiée par le fait que si les infirmes n’étaient pas accueillis à la Renfermerie, ils devraient l’être à l’Hôtel-Dieu. Là encore, ce sont des sœurs de Saint-Lazare qui s’occupent des orphelines et des vieillards infirmes. La gestion des deux établissements est confiée au curé de Rethel et aux officiers municipaux. En 1738, une ordonnance royale prescrit de transférer les malades de l'Hôtel-Dieu à l'Hôpital général, ce qui ne sera réalisé qu'en 1855.
Enfin, en 1719, est fondé un Bureau de charité dont les membres se réunissent chaque dimanche pour établir une liste des familles nécessiteuses auxquelles il convient d'apporter des secours. Les revenus annuels de ce bureau de miséricorde se montent à 2 000 livres.




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